chroniques et réflexions à profondeur variable

couvent de Müstair, cloître nord | construit vers 1035

C’est au couvent de Müstair aux Grisons que la passion du bâti ancien m’a été inoculée. Trois saisons durant, j’ai travaillé à l’étude archéologique, à la restauration et à la mise en valeur de cet ensemble d’exception inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité. Un choc esthétique, doublé d’une découverte capitale pour le jeune architecte que j’étais : avec une palette infiniment limitée de matériaux – pierres, poutres, sable et chaux – il est possible de construire un lieu infiniment riche en termes de spatialité, mais aussi d’expression sensorielle. Le bois d’arolle ou de mélèze pour les planchers, les lambris, les charpentes et les bardeaux de toiture. La chaux – Kalk, en allemand – pour assembler les murs, enduire voûtes et parois, peindre fresques ou façades.

Cette frugalité constitue sans doute un appel à l’heure où la palette de matériaux à disposition du constructeur ne connaît pas de limites et où, par ailleurs, l’écologie questionne nos modes de consommation. La pierre de nos chantiers voyage aujourd’hui sur des centaines ou des milliers de kilomètres, voire depuis l’autre côté de la planète. Le bois, même lorsqu’il provient de forêts locales, est collé, traité, imprégné pour résister aux intempéries, renforcé de métal plutôt que mis en œuvre selon des règles simples qui garantiraient sa durabilité. Et que dire des matériaux synthétiques et composites désormais omniprésents, dont les durées de vie sont courtes, le recyclage problématique et le réemploi souvent impossible ?

surélévation en bois, projet-pilote | EPFL LAST 2018

Animé par ces questions, j’ai entamé ma carrière dans deux bureaux de référence en Suisse romande, l’un en matière de patrimoine, l’autre à la pointe des questions écologiques. Par suite, je me suis engagé comme chercheur en architecture durable au Laboratoire LAST de l’EPFL où, en charge des projets de design expérimental en construction bois, je me suis formé aux outils scientifiques d’évaluation du bâti – écobilans et analyses de cycle de vie. J’ai également élargi mon approche de l’environnement bâti aux questions de densification urbaine, de mobilité, de conception bioclimatique et d’énergies renouvelables. Enfin, cette expérience a été enrichie par la possibilité de transmettre mes connaissances à la future génération d’architectes, en collaborant à l’enseignement de la construction durable aux étudiants en bachelor et comme expert dans les projets de master EPFL.

Aujourd’hui, je souhaite vous faire profiter de mon savoir-faire en matière de construction écologique, de rénovation du patrimoine et d’efficacité énergétique.

Nous accompagnons tous vos projets avec passion, rigueur et créativité.